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Pierre
Guigui fait partie des grands spécialistes des vins issus
de l'Agriculture Biologique en France.
Conférencier, formateur et consultant, sa société
dénommée Amphore organise chaque année le
Concours National des Vins Issus de l'Agriculture Biologique.
Animateur de nombreux clubs de dégustation, il est co-auteur
et a coordonné le Guide " Vins, Vignobles et Vignerons
"
Organisation du Concours
National des Vins Issus de l'Agriculture Biologique - section
vins étrangers (8ème édition).
Consultant pour le Concours
Général Agricole et celui de la Foire de Paris sur
les systèmes de notation, au CGA également pour
l'élaboration d'un référentiel de Formation
de Dégustateur Juré.
Manifestations Professionnelles
Paris : Salon des vins Bulgares, salon des vins "Bio"
du Languedoc-Roussillon.
Animation de clubs de dégustation.
Consultant sélection
vins "Les Excellences Biocoop" et sélection pour
les trois centrales. Sélections pour M6 boutique télé-achat.
Grand Jury Foire de Paris. Président Jury Gault Millau
pour Monoprix.
Conférences à
Marjolaine, la Foire de Paris, le SIRHA de Lyon, le Salon International
de l'Agriculture
Formation des Dégustateurs
Jurés du Challenge International. Biocoop.
Chroniques pour la presse
: au Particulier Pratique, la revue Biocoop, pour le livre : Quid
des Vins de Bordeaux (2001), la Revue Gault Millau.
Co-auteur et coordination
du Guide Vins, Vignobles et Vignerons.
Interview
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Guide du Gourmet : Comment se porte actuellement
le marché des vins issus de raisins de l'agriculture biologique
en France ?
Pierre Guigui : "Le marché des vins issus de l'agriculture
biologique, tout comme les vins en conventionnel, commence à
subir la concurrence internationale. Il ne peut en être autrement
Les consommateurs souhaitent un vin simple, bon, facile à boire
et à reconnaître. Un vin qui aura le même goût
d'une année sur l'autre et ce, grâce aux assemblages et
aux techniques de manipulation et de vinification. Un vin qui fidélise.
Ce type de " produit " industrialisé ne présente
que peu de variations dues au terroir, au millésime, au micro
cuvée
. De plus les modes de productions (par exemple l'arrosage
autorisé permet de plus grands rendements
) et d'élaboration
permettent d'avoir un coût de production moins élevé
La concurrence existe également sur d'autres fronts : entre les
vins français, en bio et en conventionnel; entre des vins bio,
français et étrangers. Ces derniers reprennent des techniques
industrialisées et présenteront, d'ici à cinq ans,
un réel danger de concurrence pour les petits domaines qui travaillent
en harmonie avec un terroir, un climat et une tradition locale
Etre
en bio en France n'est pas une garantie de vente et de survie d'une
exploitation, loin de là
"
Guide du Gourmet : Le fait de ne pas pouvoir
dénommer officiellement un vin de "vin biologique"
constitue-t-il un handicap ? Quelles sont les futures évolutions
de la réglementation en matière de cahier des charges
de vinification bio ?
Pierre Guigui : "Un label bio (production raisin et vinification)
permettra d'avoir une meilleure lisibilité pour le consommateur.
Pour ma part je pense que si une charte de vinification bio doit exister,
elle doit être extrêmement rigoureuse. En effet bien des
viticulteurs en conventionnels sont déjà au niveau des
exigences du projet du cahier des charges de la FNIVAB. Les consommateurs
n'étant pas des idiots (les grands amateurs de vins et les journalistes
non plus) ils seront vite quoi en penser. Faire valider un cahier des
charges trop laxiste sera critiqué à juste titre et le
consommateur risque de perdre confiance
Les journalistes, les professionnels du vin et la concurrence se chargeront
de discréditer les bio. Il faudrait au moins présenter
le cahier des charges de nature et progrès qui montre un niveau
d'exigence cohérent et sérieux. On ne peut pas continuer
à accuser l'administration de refuser un cahier des charges qui
pourrait être plus sévère
C'est lui donner
un bâton pour se faire battre
et lui donner beau jeu de
pouvoir préserver une sorte de monopole sur son label
(à
savoir concurrence entre l'AOC et le label Bio
). Se positionner
comme des victimes n'est pas très " adulte ".Pour le
moment ce dossier est en attente."
Guide du Gourmet : La culture biologique des vignes
et du raisin peut-elle réellement se passer aujourd'hui de cuivre
et de soufre ? Par quels types de substituts disponibles et opérants
peut-on les remplacer ?
Pierre Guigui : "Dans l'absolu cette question peut être
posée autrement
En médecine chinoise, on cherche
à rééquilibrer l'organisme pour qu'il ne soit pas
fragilisé et non à soigner une fois que l'organisme est
malade
(C'est schématiquement ce que recherche plus particulièrement
les biodynamistes
) Cette question ouvre également sur celle
de la qualité des plants actuels. En premier lieu il faudrait
creuser la question des plants bio (encore une priorité de Nature
et Progrès)
et des modes de reproduction de ces plants.
Et en parallèle étudier des produits de substitutions.
Pourquoi l'INRA et l'ITAB n'ont pas été plus réactifs
sur ces thèmes, ainsi que sur les produits de substitution ?
Là est la véritable question
En attendant il faut
utiliser toutes les techniques permettant de les réduire
et les producteurs en bio s'y attèlent en prenant parfois des
risques considérables
"
Guide du Gourmet : On assiste à l'émergence
de plus en plus nette des vin bio sur le devant de la scène oenologique.
Est-ce un effet de mode ou un mouvement durable fondé sur un
constat qualitatif lié notamment aux terroirs ?
Pierre Guigui : "Il existe un effet une mode " produit
de terroir ", " produit naturel "
Va-t-elle s'encrer
dans les mentalités ? Il semble que Oui
et cela est à
espérer ! Un vin bio même s'il n'est pas à l'extrême
"du tout naturel" il est au moins contrôlé. Combien
de viticulteurs avancent qu'ils sont autant ou plus respectueux de l'environnement
que des bio ! Et bien c'est simple qu'il se fasse contrôler
Le contrôle est une garantie à minima certes, mais c'est
une garantie
Si une charte de vinification - sérieuse voit
le jour elle présentera les même avantages. Le consommateur
sait qu'un " vin bio " est fait plus naturellement qu'un vin
en conventionnel
et à ce titre qu'il exprime plus justement
son terroir et son cépage.
En ce qui concerne la qualité, et ce pour diverses raisons,
c'est une question extrêmement difficile. Les goûts sont
très fluctuants selon les modes, les époques, l'age, l'éducation,
le sexe du consommateur
Retenons de façon très caricaturale trois types de vin
:
- Naturel, sans aucune certification mais extrêmement proche du
jus de raisin
- Bio
- "Conventionnel" avec des techniques industrialisées,
chimique et interventionniste
Il est évident qu'à qualité gustative égale,
je favoriserai les deux premiers produits.
Maintenant il est évident qu'un vin " bio " ou "
naturel " peut ne pas être très bon. Pour avoir dégusté
(à l'aveugle) un grand nombre de vin je peux vous affirmer que
bien souvent les vins "naturel" et bio sont plus intéressant
Nous pouvons estimer à 1500 domaines en bio à ce jour
et tout autant en production " naturelle " et bien c'est simple
le fleuron de la viticulture française y est largement représenté"
Guide du Gourmet : Justement, comment l'amateur
de vin peut-il concrètement avoir des repères crédibles
en terme de choix. Où peut-il acheter un vin bio parmi les meilleurs
de son terroir ? Existe-t-il des salons, des concours, des labels et
des guides d'achats pouvant l'aider dans ce sens ?
Pierre Guigui : "Le premier repère reste la certification
qui garantie des efforts en terme de mode de production et des efforts
en vinification. Il faut suivre en bio particulièrement les efforts
de Nature et Progrès et en biodynamie Demeter et biodyvin
Un label garanti un contrôle et une certification à minima.
Pour trouver les " bons " vins en bio il faut se tourner vers
les prescripteurs tels que le guide des vins bio et la revue du même
nom de M. CARITE. Vous pouvez vous appuyer également sur les
résultats des deux concours des vins bio organisés par
l'AIVBLR au niveau régional et celui d'Amphore au niveau National
..
Le concours national figure parmi les 14 concours reconnus par la revue
des nologues et se trouve être dans les trois plus sévères.
En ce qui concerne des évaluations j'ai glissé lors du
concours 2000, 15 vins en conventionnel médaillés et sélectionnés
par la presse spécialisée. Seuls trois d'entre eux ont
obtenu une médaille a ce concours
c'est vous dire notre
niveau d'exigence.
Vos pouvez également vous fier aux cavistes en général
qui sont des personnes formidables, ainsi qu'a certains sites (taper
vin bio et la porte s'ouvrira
).
En dernier lieu le guide auquel j'ai participé n'a pas été
réactualisé (guide Vins, vignobles et vignerons chez Médial
Edition) mais il reste une excellente base de sélection de producteur
" naturel "
Interview recueillie par JP TROLY - Novembre 2003
Contact
Amphore / Pierre GUIGUI
Tél.Fax + 33 (0)1 42 26 15 99 - Mob. tél. 06 62 67 71
07
E-mail : amphore75@tiscali.fr
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